dimanche 1 juin 2008

Mont Kagenobu, je t'ai vaincu!

Aujourd'hui j'ai commencée ma nouvelle vie de "hiker". Je suis allé, seul, au mont Takao (Takao-san) et j'ai franchi, pas par pas, la distance qui me séparait du sommet. Ok, c'est une petite montagne (599m), mais quand même, pour une première, c'est bien. En fait, mon aventure ne s'est pas limitée qu'à Takao-san.

En effet, j'ai descendu son versant ouest pour remonter le Mont Shiro (Shiro-yama). La montée était des plus agréables, d'autant que la foule (parce que, comme partout au Japon, on retrouve une foule là où c'est agréable) diminuait à mesure que l'on s'éloignait de Takao-san.

La journée était superbe, la température très clémente et les montagnes pas très peuplées. J'avais envie de m'évader. J'ai donc pris toute ma journée, en commençant un peu tard, pour faire un parcours de plusieurs kilomètres en montagne. Je suis satisfait de ma première performance. J'ai gravi 3 sommets. Le dernier étant, et de loin, la montée la plus difficile que j'ai fait, à vie.

Après avoir gravi environ 3 kilomètres en ligne presque droite, dans les petites rivières, les roches et les souches, on arrive au plus difficile de la montagne. On la grimpe, non pas en ligne droite, mais en zig-zagant son versant. La montée est une épreuve d'endurance et de volonté. J'étais à mi-chemin (je crois) et je n'en pouvais plus. Mes jambes m'élançaient, mon cœur battait la chamade et tout mon moi voulait rebrousser chemin. Mais je me suis battu avec la montagne. Elle a tentée, tant bien que mal, à me faire abandonner, mais, après bien des efforts de volonté et de persévérance, j'ai finalement vu le sommet.

Quand on dit voir la lumière au bout du tunnel, je peux vous garantir que je l'ai vue. J'étais sur le versant de la montagne qui cache la lumière (descendante) du soleil. En arrivant près du sommet, exténué, un rayon m'a ébloui, me prévenant que j'arrivais et que je venais de franchir le point de non-retour. Impossible de reculer maintenant. Je savais que je venais de vaincre la montagne. Plusieurs centaines de mètres plus tard, j'arrivais finalement au sommet. J'étais complètement trempé de sueur, j'avais chaud et froid (à cause de l'inactivité), j'étais fatigué et affamé, mais je venais de franchir les 8 kilomètres qui me séparaient du sommet précédent et j'étais maintenant à 757 mètres au dessus du niveau de la mer. Et j'étais seul. Il n'y avait personne là-haut. Puis deux hommes sont arrivés, se sont reposés et sont repartis le temps que je reprenais mon souffle.

Après avoir regardée la carte et analysée minutieusement ma position, je me suis rendu compte que j'étais maintenant au milieu de nul part. Je n'avais aucune idée comment rentrer chez moi. Retourner sur mes pas était hors de question. Il était beaucoup trop tard et quelques 12 kilomètres de montagnes me séparaient de mon point de départ. Continuer était une aberration, considérant que je ne pouvais plus gravir de nouveaux sommets, et que 3 ou 4 sommets me séparaient de l'autobus que je devais allé rejoindre.

Je dois admettre que j'ai eu un léger moment de regret puisque je n'étais pas équiper pour passer une nuit en forêt, et que je n'en avais pas du tout l'envie, et que j'avais poussé un peu trop mon audace à vouloir franchir une longue distance pour une première journée. Redescendre une montagne dans l'obscurité était soudainement devenu une réalité probable, et je craignais me perdre en forêt, ou me blesser sérieusement. La seule lumière que je possédais était mon cellulaire, avec une pile mourante. Je n'aurais pas survécu longtemps.

Par chance, un jeune couple est arrivé alors que je me posais toutes les questions les plus existentielles. J'ai affuté mon japonais et demandé où était la station la plus proche. Par chance, ils ne le savaient pas et m'ont avoués être dans la même situation que moi. Ils m'ont offert de les accompagnés afin que nous retrouvions notre chemin ensemble. C'est alors qu'un vieil homme, semblant habitué à cette montagne, est passé suffisamment près de nous pour attirer l'attention du jeune homme, qui se renseigna auprès de lui. Heureux qu'il y ait une piste tout près qui menait directement à un arrêt d'autobus (environ 1h30 de marche), nous nous sommes mis en route. Après quelques pas, je reconnu un panneau qui indiquait le chemin. Je jetai donc la chandelle par terre, et dit au revoir au jeune couple, les laissant s'amuser dans un chemin vide de gens.

Dans ma descente, j'avais l'impression de marcher sur des nuages. J'avais la tête ailleurs et je me rendis compte que, lorsque mon corps réagit avant même que je me rende compte de ce qui se passait, marcher sur un terrain aussi instable et capricieux était dangereux sans concentration. J'ai bien failli me faire très mal en tombant. Je suis finalement sorti de la montagne, et j'ai eu à marcher quelques centaines de mètres, sur une route, jusqu'à l'arrêt d'autobus. Le paysage était vraiment sublime et j'ai vue un Japon rural et très ancien. Agréable de pouvoir s'y promener et très différent de la ville.

L'attente de l'autobus semblait être un moment qui allait prendre énormément de temps, 40 minutes d'attente. Mais j'étais tellement fatigué, que tout mon trajet pour revenir à la maison à semblé être très rapide. Mais ça à quand même pris... 1 heure... n'est-pas Nicole? ;-D

3 commentaires:

P-O Grabuge a dit…

Voyons Pat, tu peux pas te perdre au Japon, c'est ben que trop p'tit!
Au pire, marche toujours tout droit pis t'arrives à la mer
;) Content que t'ais retrouvé ton chemin dude!

Julie a dit…

wow pareil... toute une aventure Pat. J'ai fait de la randonnée mais sérieux, je ne me suis jamais retrouvée dans une situation pareil. Contrairement à ce que P-O a dit... oui tu peux te perdre au Japon et te faire manger par un dragon ou un kirin! lol

Pato-san a dit…

Oui... c'est vrai Julie. Parlant de Kirin, ma destination était Jimba-yama. Mais il était trop tard pour m'y rendre comme j'ai dit. Mais au sommet, il y a un Kirin, pétrifié. J'ai bien hâte de le prendre en photo et te le montrer.

P-O: Mouin, mais depuis que je suis ici, je n'arrive pas à reprendre mon sens de l'orientation. Je suis toujours en train de me demander où est le nord. Donc imagine si je commence a marcher vers le nord.... Je vais marcher longtemps avant de trouver la mer! Aussi bien dire que je suis perdu! hehehe

 
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